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Article dans LeSoir.be: Quand la biodiversité s’invite dans l’immobilier

Un séminaire Buildgreen s’intéressera jeudi 12 décembre aux liens entre urbanisme et biodiversité Le sujet suscite encore quelques réticences auprès des promoteurs. La biodiversité est pourtant un enjeu majeur. Et un outil marketing non négligeable…

Peut-on associer biodiversité et projets immobiliers ? La question semble épineuse, de premier abord, tant leurs écosystèmes respectifs sont éloignés l’un de l’autre. Le séminaire Buildgreen se penchera néanmoins sur la question jeudi prochain. Et tentera de démontrer le champ des possibilités.

Parmi celles-ci, un procédé original et novateur lancé par l’architecte bruxellois Steven Beckers, chantre de la durabilité et pionnier de l’approche « Cradle to Cradle » (recycler les matériaux jugés sains sans polluer). Son nouveau projet ? Favoriser la construction ou l’aménagement d’immeubles qui permettent de mettre en place le concept d’« agriculture urbaine à grande échelle », l’idée étant d’installer des serres sur les toits d’une majorité d’immeubles bruxellois. Six millions de m2 de toitures plates ont été recensés. « Notre étude est la première du genre, détaille Steven Beckers. Cela ne veut pas dire que nous ferons 6 millions de m2 d’agriculture urbaine. Mais il faut une certaine économie d’échelle pour que ce projet ait un réel impact. » Les bénéfices de cette initiative rejailliraient sur la facture alimentaire et énergétique du propriétaire (ou de l’occupant), de même que sur l’environnement proche.

L’avantage pour les promoteurs immobiliers ? Au-delà du geste environnemental, un bon coup marketing pour séduire les éventuels acheteurs ou locataires. « Cela ne leur coûterait en tout cas absolument rien financièrement, précise Steven Beckers. L’idée est même que cela ramène de l’argent. Sans parler des bénéfices qui seront énormes pour la société. Le marché immobilier est prêt, la demande est présente. Il est temps de passer à la vitesse supérieure. »

Au sein de The Lateral Thinking Factory, son nouveau bureau d’études, il planche sur la question depuis six mois. Le concept se développe aux États-Unis et au Canada. Et Steven Beckers entend bien l’implanter à Bruxelles. « Quatre projets sont déjà lancés dans la capitale, et d’autres à Louvain-la-Neuve ou dans le Limbourg. Les premiers devraient sortir de terre en 2016. La plupart des politiques sont enthousiastes sur le sujet. »

Quel intérêt de se lancer dans l’agriculture urbaine ? Les raisons avancées sont multiples : éviter la congestion des villes, répondre à la demande de nourriture bio de proximité, favoriser la biodiversité, profiter des centres de recherche situés dans les villes pour faire progresser les techniques ou encore réduire la pression sur l’agriculture rurale.

Histoire d’aider les promoteurs à se décider, Steven Beckers et son équipe ont élaboré un outil performant qui fait office en quelque sorte de feuille de route. Il permettra de définir le profil de chaque bâtiment qui montera dans le train de l’agriculture urbaine. Une cinquantaine de critères ont été définis. Et une vingtaine de sites potentiels ont déjà été étudiés. « Nous voulons amener un nouveau mode de réflexion dans la tête des promoteurs, fait remarquer Steven Beckers. Ce serait intéressant qu’ils construisent des bâtiments qui ont leur propre écosystème, c’est-à-dire des bâtiments qui permettent la production de fruits et légumes ou d’énergie, qui ont de grandes performances énergétiques ou encore une intégration urbaine qui rejaillisse sur la société des alentours. Il faut favoriser à nouveau les circuits courts. En 2050, 80 % des gens habiteront en ville. Pensons-y dès maintenant. »

Xavier Attout

 

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